En quoi marcher te redonne du pouvoir

Depuis maintenant cinq ans, je vais marcher de façon régulière. Dans cet espace de tous les jours, j’ai d’abord appris à explorer la marche en synchronisant mon souffle sur mes pas. C’était l’intégration de la technique de la marche afghane. Je me suis amusée à découvrir les différents rythmes qu’elle propose, à transiter d’un rythme à l’autre, selon les besoins de mon corps en lien avec les efforts qu’il fournit dans la marche.

Je devais être attentive à ma respiration, parce que la marche afghane demande de rythmer le souffle sur les pas. Je devais compter les rythmes de marche pour les apprendre. Pour te donner une idée, le rythme 4-0-6-0 se fait comme ça: inspire sur 4 pas, expire sur 6 pas. Voilà un bel exemple d’un rythme à découvrir quand tu marches sur un terrain plat ou faux plat, qui régule ton rythme cardiaque et apaise ton système nerveux, entre autres.

Dans la pratique, l’inspiration se fait sur 4 pas, cela donne -inspire (un pas), -inspire (un pas), -inspire (un pas), -inspire (un pas), et l’expiration se fait sur 6 pas, cela donne -expire (un pas), -expire (un pas), -expire (un pas), -expire (un pas), -expire (un pas), -expire (un pas).

J’ai vite compris que je découvrais un style de marche hyper puissant où le souffle était le moteur de l’expérience. J’avais l’impression que mon corps n’avait jamais respiré vraiment! Puis de pas en pas, de jour en jour, j’ai intégré parfaitement la technique et la mécanique des rythmes de la marche. Je n’avais plus besoin de compter mes rythmes, mon corps le faisait tout seul. Et c’est ici que le plaisir s’est intensifié.

Je m’amusais à observer mon souffle en marchant, la qualité de l’air qui entrait en moi. Tantôt rempli de la fraîcheur du matin silencieux, tantôt humide de la rosée de la nuit, tantôt sec avec ses parfums de fruits, etc.. Chaque jour était une nouvelle rencontre, avec une qualité d’air différente. Coûte que coûte, j’allais marcher. Ville pas ville, j’allais marcher. Je sentais vivement que ma force s’intensifiait, je percevais tactilement, depuis l’intérieur du fond de mon ventre, que je construisais mon énergie. Comme une boule de force qui se formait couche sur couche et grossissait, un pas après l’autre. J’étais vraiment stupéfaite, surprise de la nourriture que je découvrais en marchant. L’air me nourrissait! Il me redonnait vie, vigueur, puissance.

Puis un matin, je me suis observée dans la marche. Comme si je me plaçais à côté de moi et que je me regardais marcher. À ce moment, j’ai eu une révélation très touchante. Je me suis aperçue que bien que je me sentais nourrie avec l’air qui entrait en moi gratuitement, ma respiration était toute petite. Comme si j’étais timide de m’offrir de grandes portions d’air. Comme si je me contentais de peu. Juste ce qu’il faut pour survivre. Comme si j’étais toute petite et que je respirais pas trop fort pour laisser plus de place aux autres.

Des larmes chaudes se sont mises à couler sur mes joues. C’est bien vrai, je respire toujours comme ça dans ma vie, que je me suis dit. J’étais très émue de découvrir cela de moi. Je me sentais même gênée avec moi-même de réaliser cela! Voyon!

Puis j’ai continué de marcher. Et dans la marche, j’ai réalisé que la mince portion d’air que je m’offrais correspondait à l’estime que j’avais pour moi. Elle correspondait à la confiance en moi et à la confiance en la vie. Je respirais sous réserve, comme dans ma vie sous réserve, où je me faisais bien petite pour laisser une grande place aux autres en croyant que j’étais aimable et généreuse.

Je percevais bien l’incohérence de ce comportement, qui était en dehors de ma conscience jusqu’à ce matin là. Comme si le fait de respirer pleinement allait rétrécir l’espace des autres! Comme si le fait que je sois là complètement allait nuire à quelqu’un! Voyon! que je me suis dit!

Puis dans la foulée, j’ai décidé en conscience de m’accorder de grandes portions d’air. C’est comment la vie quand je respire de grandes portions d’air? que je me suis demandée. Me voilà partie! En simultané, sur chacun de mes pas, de grandes portions d’air rentraient en moi. Et je respirais l’air comme une assoiffée qui avait manqué d’eau dans le désert! Comme un manque irrassasiable! C’était grandiose! Je me remplissais pour toutes les années passées. En même temps, tout ces sentiments qui montaient en moi, ces sentiments de joie, de grandeurs, de réconfort me permettaient de voir que j’avais vécue toutes ces années passées dans la limite de mon respir inconscient, reflet de ce qui vivait dans mon intérieur. Le goût amer de la petitesse me levait le coeur, me remplissait les poumons de larmes, cela avait vécu en moi, depuis tellement longtemps. L’habitude de la petitesse s’était fait un nid bien chaud dans moi.

Pas question d’en rester là maintenant! que je me suis dit. Et j’ai marché deux fois plus qu’à l’habitude, à grands coups d’air, sur chacun de mes pas. Rapidement sur le chemin, j’ai clairement perçu en moi une certitude grandir, un espace s’ouvrir, un horizon apparaître, plus grand, plus vaste. J’ai clairement senti en moi des noeuds se relâcher, l’envie de prendre cette place qui est là, pour moi, dans moi. Et s’il s’avérait qu’elle soit trop grande, et bien les autres se tasseront. J’avais une envie irrésistible de m’y asseoir. J’embarque dans ma vie! que je me suis dit.

Je me sentais tellement bien. Comme elle s’était bien installée et automatisée en moi, je savais que l’habitude de la petitesse ferait tout pour survivre et que je devais être bien attentive. Je devais être consciente de moi et ma nouvelle attitude dans la marche, pendant un certain temps. Oui parce que madame la petitesse va chercher tous les moyens pour subsister!

Depuis ce jour, je prends de grands bols d’air, je m’accorde cela dans ma marche. Ma vie se transforme. Aujourd’hui, j’ai confiance en moi, j’ai confiance en la vie, de plus en plus, de mieux en mieux. J’ai rehaussée mon estime personnelle et ma valeur. J’utilise ma façon de respirer comme un instrument de mesure pour vérifier que je suis bien dans le bon état d’esprit où je m’accorde le droit de vivre et d’exister pleinement.

Chaque fois que je respire, consciemment, je reprends du pouvoir sur ma vie. Chaque fois que je me relie à mon souffle, je me relie à moi-même. Et quand je maîtrise mon souffle, je maîtrise ma vie.

J’ai repris du pouvoir sur ma vie en marchant. En découvrant mon respir intime. En le reconnaissant. En l’accueillant. Et en choisissant d’explorer c’est comment la vie quand je m’offre de grandes portions d’air dans la marche. Je me suis reconnue moi-même. Je me suis accueillie. Je me suis transformée en marchant. Je suis plus consciente de moi, et moins en proie à vivre selon des mémoires génétiques, ancestrales qui un jour ont déterminé ma façon de voir le monde.

Nous devons remettre en question nos comportements, nos attitudes, nos automatismes. Moi, je fais cela en marchant. C’est dans cette vision que j’ai créé Marcher vers soi, qui est un espace de rencontre, de découverte et d’exploration de soi. Et dans cet espace, j’utilise la marche afghane comme un outil de libération, comme base d’exploration de moi.

Si tu as envie de t’amuser aussi, je te donne les étapes pour retrouver ton pouvoir en marchant:

  1. Observe ta façon de respirer dans la marche. Observe comment tu respires. Observe les qualités de ton souffle. Il est petit, il est grand, il est bloqué, il est court, etc…
  2. Accueille ton observation avec bienveillance. Ta façon de respirer, de prendre ton air, représente des parties de toi qui expriment quelque chose.
  3. Vois comment tu peux respirer mieux, plus grand, comment tu peux rendre ton souffle plus fluide, plus souple. Fais l’expérience de respirer à plein poumons! Vois c’est comment la vie quand tu fais cela. Vois ce qui se révèle à toi.
  4. Met en pratique ce que tu as découvert et permet-toi de respirer pleinement en conscience. Ressens ce que cela crée de nouveau en toi.
  5. Fais-le de façon régulière, sur une période d’au moins 21 jours pour intégrer en toi la nouvelle habitude, le nouveau comportement, la nouvelle attitude que tu choisis de vivre en te permettant de respirer pleinement.
  6. Apprécie d’être vivant, d’être conscient de toi-même, de plus en plus et de mieux en mieux.

Pour t’aider, j’ai bâtie une formation sur 4 niveaux que je mets en ligne maintenant. Il ne reste plus qu’à mettre en place les processus informatiques pour la rendre accessible. Le premier niveau sera disponible dans quelques jours. Il contient tous les éléments essentiels et beaucoup plus pour apprendre la marche afghane. Un outil super puissant, qui te relie à ton souffle et te permet de retrouver force, puissance, aplomb, résilience, enthousiasme, énergie, performance, et tellement plus! Il te permet aussi si tu en as envie, de mieux te connaître, de mieux te reconnaître et te rencontrer.

Au bas de la page, je t’ai mis le lien vers mon calendrier des formations terrain et de la formation de marche afghane en ligne.

Je t’invite à inscrire ton email pour recevoir ma newsletter où je t’informe de la parution de certains articles ou vidéos que je publie sur le blog Marcher vers soi, ou encore des infos privilégiées qui ne peuvent pas faire l’objet d’articles.

De cette manière, tu seras tenu au courant avant tout le monde pour aller lire et regarder des nouveaux conseils et astuces sur la marche afghane et la marche vers soi. Rassure-toi, je ne vais pas inonder ta boîte mail!

Pour terminer, il est tout-à-fait possible de se transformer en marchant, surtout quand ta méthode de marche est hyper puissante et qu’elle t’oblige à être centré en toi, dans ton corps, sur ton souffle et tes pas!

Bonne marche, le corps au grand air, les deux pieds dans la vie!

https://marcherverssoi.com/

https://www.facebook.com/unevievivante


S'il vous plait Connexion - Login pour poster un commentaire